PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

JOHN LESLIE BRECK 


(1860 - 1899) 
L'Epte, Giverny, vers 1887-1891
Huile sur toile, 60,6x 111,8 cm

Giverny, musée des impressionnismes, don de la Terra Foundation for American Art, collection Daniel J. Terra en 2016, MDIG 2016.1.1

© Giverny, musée des impressionnismes / J.-C. Louiset

Oeuvre datant du premier séjour de John Leslie Breck à Giverny, alors qu’il commence à pratiquer la peinture de plein air dans les environs du village. Affluent de la Seine, l’Epte traverse Giverny et inspire aux artistes un grand nombre de compositions. Par sa construction ordonnée et le travail subtil des harmonies de verts, la toile témoigne de la solide formation académique de Breck. Pourtant, le choix du motif – une vue de la rivière à travers les sous-bois et les reflets sur l’eau –, ainsi que la touche fragmentée, sont révélateurs de l’adhésion de l’artiste à l’esthétique impressionniste. La ligne d’horizon haute, le cadrage tronqué et le point de vue original, plaçant le peintre au milieu du cours d’eau, confèrent par ailleurs à cette œuvre une allure moderne.



PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

GUSTAVE CAILLEBOTTE 


(1848-1894) 

Parterre de marguerites, vers 1893.
Huile sur toile, 205 x 116 cm (chaque panneau)

Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité de la Caisse des Dépôts, de la Caisse d’Épargne Normandie, de SNCF Réseau, des Amis du musée des impressionnismes Giverny et d’une souscription publique en 2016, MDIG 2016.2.0

© Giverny, musée des impressionnismes / F. Doury

 

Acquis en 2016, suite à une souscription publique, cet ensemble exceptionnel de Gustave Caillebotte constitue une rareté dans la production impressionniste de l’époque. Longtemps roulé, puis partiellement découpé, le décor fut d’abord présenté en quatre parties séparées. Les études récentes et la restauration ont pu rendre justice à cette réalisation très personnelle de l’artiste et réintégrer le tout comme il devait l’être à l’origine. Au Petit-Gennevilliers Caillebotte s’adonne à sa double passion : la voile et le jardinage. Cet ensemble illustre le décor qu’il entreprit en 1893 pour la salle à manger de sa propriété du Petit-Gennevilliers. Le Parterre de marguerites était inachevé à la mort de l’artiste. Créant un décor immersif, Caillebotte avait prévu une toile marouflée, représentant une prairie parsemée de ces fleurs jaillissant de l’herbe verte. Les portes étaient peintes d’orchidées. Comme pour son ami Claude Monet, la nature devait entrer en résonance avec la peinture, et le jardin faisait partie de son horizon intime et artistique. La grande liberté de touche, le mouvement incliné qui fait souffler une légère brise de la partie gauche à la partie droite de l’ensemble devaient donner une parfaite illusion d’optique et plonger le spectateur dans un univers onirique et champêtre, et rendre justice à la modernité de Caillebotte.



PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

EUGENE BOUDIN


(1824-1898)

Deauville, le bassin, 1884

Huile sur bois, 46,5 x 38 cm

Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité du Cercle des Mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Caisse d’Épargne Normandie et de Quadra Consultants en 2020, MDIG 2020.1.1

© Giverny, musée des impressionnismes / J.-C. Louiset

 

Peintre de marines et des « ciels », Eugène Boudin incarne à lui tout seul un site : la Normandie balnéaire autour de Deauville et Trouville. Inlassable observateur de la vie de plage de la fin du XIXe siècle, il représente la peinture de plein air. Il participe à la première exposition des œuvres impressionnistes en 1874 chez Félix Nadar. Proche de Johan Barthold Jongkind et de Claude Monet, à qui il préconise d’étudier sur le motif, Boudin traduit dans ses œuvres l’animation qui agite les petits ports de la côte. Il s’attache à noter les variations atmosphériques, les déclinaisons de la lumière selon les saisons, mais aussi les sorties de voiliers en mer et la vie mondaine sur la plage. Deauville, le bassin appartient à une série que Boudin réalise dans les années 1880 autour des bassins de Deauville, Fécamp, Honfleur ou Trouville. Dans cette œuvre il joue sur le contraste entre le mât imposant du voilier au port face à l’immensité du ciel. La vue est prise au niveau de l’eau. La perspective est structurée par des grandes lignes horizontales et verticales. Extraordinaire, une trouée lumineuse à gauche éclaire toute la scène qui reprend vie à coups de rapides touches de pinceaux.

PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

THEODORE EARL BUTLER

 

(1861-1936)

La Ferme de la Dîme à Giverny, vers 1907

Huile sur toile, 50 x 73 cm

Giverny, musée des impressionnismes, achat en 2022, MDIG 2022.3.1

© Giverny, musée des impressionnismes / J.-C. Louiset

 

En 1888, Theodore Butler découvre Giverny et compte parmi les premiers peintres américains à séjourner dans le lieu de résidence de Claude Monet. Au sein de la colonie d’artistes étrangers qui se forme dans le petit village normand, rares sont ceux qui ont la chance de fréquenter le cercle intime du maître impressionniste et de travailler à ses côtés. Butler fait partie de ces privilégiés, allant même jusqu’à épouser l’une des belles-filles du peintre, Suzanne Hoschedé, en 1892. Jusque-là largement inspiré des toiles de Pierre Puvis de Chavannes et de Carolus-Duran, l’œuvre de Butler évolue au contact de Monet : il peint désormais des scènes en plein air et des portraits exécutés en extérieur, au moyen de larges touches de couleur. Installé à Giverny entre 1900 et la veille de la Première Guerre mondiale, il multiplie les vues de son jardin et du village, dont cette œuvre constitue vraisemblablement un précieux témoignage.

PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

PAUL SIGNAC

 

(1863-1935)

Étude Port-en-Bessin (étude n°5, l'avant-port), 1882

Huile sur toile, 32 x 55,5 cm

Giverny, musée des impressionnismes, don de Charlotte Hellman Cachin en 2019, MDIG 2019.2.1

© Giverny, musée des impressionnismes / J.-C. Louiset

 

Très jeune, Paul Signac s’intéresse à la peinture, et plus particulièrement aux œuvres impressionnistes qu’il admire dans les galeries parisiennes. En 1880, il visite la première exposition personnelle de Claude Monet et décide de suivre les pas de son aîné. Contrairement à d’autres peintres avec lesquels il travaillera plus tard, Signac ne suit pas de formation académique et apprend seul, en observant les toiles impressionnistes afin d’en comprendre la technique et l’usage des couleurs. En 1882, il n’a pas encore dix-huit ans quand il passe son premier été de peintre à Port-en-Bessin, sur la côte normande. Il y mène une campagne à la manière de Monet, s’attachant à représenter sous tous leurs aspects les quais, le port, et surtout les bords de mer qui lui permettent d’explorer les effets de lumière sur la surface de l’eau. Dans cette œuvre, si le thème et le traitement du paysage témoignent de l’héritage de Monet, le goût pour les compositions frontales, ordonnées et peu creusées par la perspective annonce déjà le style personnel de Signac.

 

PARIS GIVERNY IMPRESSIONNISME

MARY COLMAN WHEELER

 

(1846-1920)

Thé au jardin, 1910

Huile sur toile, 84 x 74 cm

Giverny, musée des impressionnismes, don des enfants de Richard Warren Wheeler et Betty Ann Owens Wheeler, grâce à Robert Martin et à la Wheeler School, Providence, Rhode Island, États-Unis, MDIG 2023.4.1

© Giverny, musée des impressionnismes / Photo : J.-C. Louiset

 

Mary Colman Wheeler est née dans le milieu progressiste et abolitionniste de Concord (Massachussetts), lieu de résidence des philosophes Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, ainsi que de l’écrivain Nathaniel Hawthorne. À partir de 1866, elle enseigne les mathématiques et le latin au lycée de Concord, puis à Providence (Rhode Island). En 1870, elle part étudier la peinture en Allemagne, en Italie et en France. De retour à Providence, elle fonde en 1882 une école d’art destinée aux jeunes femmes.  Dès 1887, elle emmène ses étudiantes en France pour des cours de peinture estivaux. Entre 1907 et 1912, elle loue le Hameau, à Giverny et joue un rôle important dans la colonie artistique du village, fréquentant Claude Monet et la famille Butler. Cette toile inspirée par les jardins de Giverny a été généreusement offerte au musée des impressionnismes Giverny par les descendants de l’artiste en 2023.